Communiqué de presse

Après avoir longtemps brillé par son absence suite à son contrôle par le pouvoir issu du putsch du 6 août 2008, la Hapa s’est pourfendue, le 24 septembre dernier, d’une déclaration vilipendant «la diffusion par certains médias d’informations inexactes basées sur des rumeurs lors de leur traitement des affrontements d’il y a quelques jours entre l’armée mauritanienne et l’AQMI.» et intimant aux médias en Mauritanie de faire preuve de « responsabilité et de professionnalisme » lorsqu’ils traitent «des questions nationales où l’armée défend la souveraineté du pays».

Cette déclaration dont le ton rappelle, à plus d’un titre, les sinistres éditoriaux d’une certaine presse à la solde des régimes d’exception , appelle de notre part les remarques suivantes :

1- La HAPA décrète, par ce texte, que seules les informations diffusées par le pouvoir en place et son gouvernement sont dignes de foi et que toutes les autres sont « inexactes basées sur des rumeurs ». Elle enfreint ainsi, délibérément, son devoir d’arbitrage et de régulation de l’espace médiatique.

2- L’Institution s’aliène l’indépendance que lui confère la Loi 026-2008(Article premier) et se réduit d’elle-même en un simple instrument du pouvoir.

3- Par la même occasion, le Président et les membres du Collège de la Hapa violent de manière flagrante le serment qu’ils ont prêté de « bien et fidèlement remplir (leur) fonction et de l’exercer en toute impartialité dans le respect de la Constitution et des lois de la République Islamique de Mauritanie ».

Face à cette situation d’extrême gravité qui trahit la volonté du régime de continuer à réduire l’espace de liberté, expose les journalistes à davantage de coercition et de brimades et aggrave le règne du mensonge et de la mystification de l’opinion, la commission de communication de la COD :

1- Dénonce avec toute l’énergie cette sortie inacceptable de la Hapa et appelle son Président et les membres de son collège à la retirer immédiatement ;

2- Appelle à un sursaut de l’ensemble des mauritaniens et particulièrement des professionnels de la presse et des médias pour faire face à la dérive de l’Institution de régulation de la presse et de l’audiovisuel et amener cette dernière à se conformer aux lois de la République ;

3- Exige le respect de la liberté totale de la presse et la levée du blocus imposé aux journalistes pour permettre à ceux-ci de s’acquitter librement de leur devoir d’informer en toute objectivité, indépendance et transparence, loin des pressions et manipulations de toute sorte auxquelles se livre le pouvoir actuel pour les soumettre à « sa » vérité à lui.

Nouakchott, le 02Octobre 2010

Commission de Communication